L’histoire de Saint Euloge dément la « cohabitation pacifique » dans l’Espagne musulmane

A tous ceux qui avancent toujours l’occupation musulmane de l’Espagne pour faire croire qu’il est possible de vivre normalement sous un pouvoir musulman, nous opposons à leur propagande l’implacable vérité des faits. Voici par exemple l’histoire de Saint Euloge, résumée par Monseigneur Paul Guérin (nous avons pris la liberté de mettre en gras certains passages révélateurs). Cette histoire n’est que l’une des nombreuses qui prouvent que l’islam n’a jamais été « tolérant » envers les autres religions, même quand il avait le pouvoir sur une terre d’Europe.

Euloge appartenait à l’une des premières familles de Cordoue. Il entra fort jeune dans la communauté des clercs de Saint-Zoïle, où on le forma aux lettres et à la vertu. Il se mit ensuite sous la direction du saint et savant supérieur de Cute-Clar, près de sa ville natale. On le regarda bientôt comme un modèle de douceur, d’humilité et de charité. Il rehaussait la vertu par la science. Revêtu du sacerdoce, il visita plusieurs monastères de France et d’Espagne, recueillant, comme l’abeille, ce que la fleur de la doctrine et des bons exemples lui offrait de plus pur, pour en composer le miel céleste de la perfection dans sa vie et dans ses écrits.

Abdérame III fut le premier des califes de Cordoue qui exerça contre les chrétiens une persécution déclarée. Euloge fut jeté dans les fers avec plusieurs autres membres du clergé et un certain nombre de fidèles. Il y composa une Exhortation au martyre, adressée à deux vierges nommées Flore et Marie, qui l’une et l’autre furent immolées en l’honneur de Jésus-Christ. Mis hors de prison, il ne profita de sa liberté que pour encourager, soit de vive voix, soit par la plume, les persécutés à rester fermes dans leur foi. Il recueillit les actes des martyrs de Cordoue dans un ouvrage intitulé Mémorial des saints. Il en composa un autre où il fait l’Apologie des martyrs contre ceux qui leur contestaient ce titre, sous prétexte qu’ils ne faisaient point de miracles comme les martyrs des premiers siècles ; qu’ils étaient allés au-devant de la mort au lieu de l’attendre ; qu’ils avaient perdu la vie tout d’un coup, au lieu de passer par divers tourments ; qu’ils n’avaient pas été tués pas des idolâtres, mais par des mahométans, qui reconnaissent le vrai Dieu. Euloge réfuta victorieusement ces objections de l’ignorance, de la mauvaise foi ou de la pusillanimité.

Elu évêque de Tolède et arrêté de nouveau avant son sacre, il fut en butte à toutes les séductions et à toutes les menaces : « Il ne s’agit, lui disait un des conseillers de Mohammed, successeur d’Abdérame, que de renoncer le Christ de bouche, devant le tribunal, conservant la foi dans votre cœur ; après cette formalité, vous serez libre d’exercer publiquement le culte catholique. » Il repoussa cette honteuse proposition avec le mépris qu’elle méritait. Il fut condamné à avoir la tête tranchée. Pendant qu’on le conduisait au supplice, un eunuque de la cour lui donna un soufflet pour avoir parlé contre Mahomet ; le martyr se contenta de tendre l’autre joue, selon le conseil évangélique.

Arrivé au lieu d’exécution, il pria, les genoux en terre et les mains levées vers le ciel ; puis il fit le signe de la croix, présenta la tête et reçut le coup mortel, le 11 mars 859.

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